Tout a commencé
un soir alors que je revenais d’une manif, tandis que
je cherchais un raccourci que je n’ai jamais trouvé.
Au bout d’une impasse herbeuse, je me suis assoupi au
volant de mon Peugeot Expert…
Une lumière blanche, intense, envahit l’habitacle.
Une main se pose sur mon épaule. Je sursaute et m’entends
crier :
— Je n’suis pas un numéro ! Je suis un
homme libre !
La nuit reprend sa place…
L’individu, assis à mes côtés, me
tapote le bras. J’ose le regarder : C’est…
moi… Un autre moi…
Il me sourit niaisement.
— Je suis le dos de ta face ; le verso de ton recto
; la droite de ta gauche… On rentre chez toi –
chez nous –, et on cause.
Pourquoi ai-je accepté ?
Toute la nuit, on a refait le monde… Enfin, presque.
Surtout la France. Limitons-nous à ce magnifique pays,
berceau des droits de l’homme et des libertés.
Il y a suffisamment de boulot comme ça : Sarko,
le populisme, l’insécurité et l’immigration,
les curés, la démocratie à l’école,
la fin programmée du monde.
Parce que vraiment, j’en ai ras le bonnet.